Passionné d’automobiles depuis toujours, nous partageons aujourd’hui notre expertise sur l’un des SUV les plus vendus en Europe. Le Nissan Qashqai, pionnier du segment crossover lancé en 2007, a connu un immense succès commercial avec plus de 3 millions d’exemplaires écoulés sur le continent. En revanche, comme tout véhicule, certaines versions présentent des faiblesses notoires qu’il convient d’identifier avant un achat en occasion. Votre sécurité sur la route et votre tranquillité mécanique en dépendent!
En bref :
| Points clés | Conseils pratiques |
|---|---|
| Motorisations à éviter | Écarter les 1.5 dCi (2007-2010), 2.0 dCi (2007-2013) et 1.2 DIG-T (2014-2016). |
| Défauts majeurs première génération | Vérifier les turbos, injecteurs et chaîne de distribution sur les modèles 2007-2013. |
| Problèmes récurrents seconde génération | Surveiller la consommation d’huile et l’état des suspensions qui s’usent prématurément. |
| Points faibles troisième génération | Rester prudent avec les versions e-Power et les transmissions CVT non éprouvées. |
| Modèles recommandés | Privilégier le 1.5 dCi post-2017 ou le 1.3 DIG-T (140/160 ch) depuis 2018. |
| Vérifications essentielles avant achat | Exiger un carnet d’entretien complet et faire réaliser un diagnostic électronique. |
Nissan Qashqai 1 (2007-2013): les erreurs de jeunesse
La première génération du Qashqai, bien que révolutionnaire dans son concept, n’échappe pas aux défauts de jeunesse. Les motorisations diesel 1.5 dCi produites entre 2007 et 2009 constituent véritablement le point noir de cette génération. Ces blocs souffrent de problèmes majeurs avec des turbos défaillants, dont le remplacement peut coûter entre 1800 et 2000€. Les injecteurs fragiles représentent également un poste de dépense conséquent (1600-2000€).
Plus préoccupant encore, le moteur 2.0 dCi présent sur toute la période 2007-2013 cumule les faiblesses: filtre à particules sous-dimensionné (1800-2200€ pour le remplacer), volant bi-masse fragile (1500€) et chaîne de distribution défectueuse (1200€). L’addition peut rapidement atteindre 5000€ de réparations sur ce bloc particulièrement problématique.
Côté essence, le 2.0 litres affiche une consommation excessive oscillant entre 11 et 13L/100km en cycle urbain, sans compter une consommation d’huile anormale après 100 000 km. Les problèmes électroniques ne sont pas en reste avec un tableau de bord défectueux et un système de fermeture centralisée capricieux sur de nombreux exemplaires.
Nous recommandons particulièrement d’éviter les modèles équipés de boîte automatique CVT, source de nombreux déboires mécaniques et de coûts de réparation prohibitifs. Certains Qashqai de 2007 présentent également des problèmes de direction liés à des vis de couverture de direction qui se desserrent, nécessitant une intervention.
Si vous envisagez néanmoins cette génération, privilégiez les 1.5 dCi produits après le restylage de 2010, bénéficiant d’une fiabilité améliorée, ainsi que les finitions intermédiaires et supérieures comme pour d’autres modèles français concurrents telles que Acenta et Tekna, offrant un bon compromis équipement/fiabilité.
Nissan Qashqai 2 (2014-2021): les désillusions du downsizing
La deuxième génération devait corriger les erreurs de sa devancière, mais introduit de nouveaux problèmes, notamment avec le moteur essence 1.2 DIG-T produit entre 2014 et 2016. Cette motorisation s’avère catastrophique avec une consommation d’huile pouvant atteindre 1L/1000km et des casses moteur fréquentes avant même les 100 000 km. Le remplacement complet du bloc peut coûter entre 7000 et 8000€, un montant souvent proche de la valeur résiduelle du véhicule!
Le 1.6 DIG-T (2014-2018) présente quant à lui une boîte de vitesses fragile (2500-3000€ de réparation) et un embrayage à durée limitée (1200€), sans oublier les craquements en transmission qui apparaissent prématurément. Les suspensions constituent un autre point faible, avec des biellettes et amortisseurs qui s’usent dès 50 000 km.
Les propriétaires de versions diesel ne sont pas épargnés, avec des turbos défaillants sur les 1.5 et 1.6 dCi dès 30 000 km et des embrayages nécessitant parfois un remplacement après seulement 15 000 km en usage urbain intensif. L’habitacle révèle également des faiblesses avec des plastiques facilement rayables et des garnissages qui se déchirent.
L’électronique embarquée présente aussi des défaillances récurrentes: système ProPilot capricieux (surtout sur les millésimes 2017-2018), radars de recul défectueux, GPS et écran tactile bugués. Les problèmes de verrouillage centralisé persistent sur cette génération, provoquant l’exaspération de nombreux propriétaires.
Pour cette génération, nous conseillons d’orienter vos recherches vers le 1.5 dCi 110 ch produit après 2017 (fiabilité améliorée) ou le 1.3 DIG-T (versions 140/160 ch à partir de 2018). Les finitions N-Connecta et Tekna offrent un équipement complet avec une électronique plus éprouvée. Si vous hésitez entre plusieurs modèles urbains, sachez que certaines citadines italiennes présentent également des faiblesses similaires sur leurs motorisations essence.
Nissan Qashqai 3 (depuis 2021): les incertitudes de l’innovation
La troisième génération, commercialisée depuis 2021, introduit des technologies innovantes mais non éprouvées sur le long terme. La motorisation e-Power (2021-2023) suscite particulièrement notre vigilance en raison de sa complexité électronique et des coûts de réparation potentiellement élevés qu’elle pourrait engendrer.
Les transmissions automatiques modernes de type CVT requièrent une maintenance préventive cruciale. Plusieurs propriétaires rapportent déjà des problèmes de boîte automatique se manifestant par des à-coups et des blocages occasionnels. Les défaillances du ventilateur moteur affectant la gestion thermique constituent également un point de vigilance.
L’électronique embarquée n’est pas exempte de défauts avec des bugs logiciels sur le système d’infodivertissement et des problèmes ponctuels d’assistances à la conduite, comme des alertes fantômes ou des freinages automatiques imprévus. Le contacteur tournant et la vanne EGR nécessitent par ailleurs un entretien régulier pour éviter les pannes.
Pour cette génération récente, nous recommandons le 1.3 DIG-T mild hybrid en boîte manuelle, plus fiable que les versions automatiques. Les versions de base, moins chargées en électronique, offrent également une meilleure tranquillité d’esprit. Si vous recherchez un véhicule tout-terrain plus robuste, d’autres modèles japonais figurent parmi les meilleurs 4×4 du marché avec une fiabilité éprouvée.
Guide d’achat pour un Qashqai d’occasion
Avant toute acquisition d’un Qashqai d’occasion, exigez un carnet d’entretien complet et vérifiez l’historique des réparations. Les factures d’entretien constituent un indicateur précieux de la façon dont le véhicule a été maintenu. Assurez-vous également que les rappels constructeur ont bien été effectués, particulièrement sur les motorisations problématiques.
Un contrôle par un professionnel indépendant s’avère indispensable, tout comme un test routier approfondi. La vérification des niveaux et de l’état général du véhicule vous donnera de précieux indices sur son entretien. Le branchement d’une valise de diagnostic permettra de détecter d’éventuels défauts électroniques latents.
Portez une attention particulière au niveau et à l’aspect de l’huile moteur, à la fumée à l’échappement au démarrage et à l’accélération, ainsi qu’au fonctionnement de la boîte CVT (douceur, absence d’à-coups). Les bruits de distribution au démarrage à froid, l’état des supports moteur et les traces de remplacement du turbo ou de l’embrayage constituent également des indicateurs précieux de l’état mécanique.
En synthèse, évitez absolument les Qashqai première génération équipés du 1.5 dCi (2007-2010), même restylés, ainsi que toute version avec boîte CVT. Pour la deuxième génération, écartez les modèles 2014-2016 avec moteur 1.2 DIG-T, les versions 2014-2018 avec boîte CVT, et les modèles 2017-2018 équipés du ProPilot. Concernant la troisième génération, la prudence reste de mise avec les premiers modèles e-Power et les versions surchargées d’options électroniques.


